CONNAISSANCES POUR LE DEVELOPPEMENT

Semestriel N°005    

ISSN : 0796-692X

Langue et Identité culturelle au Burkina-Faso   {id_article}   par Dr. Diallo Adama

Resumé

L’identité culturelle est un concept anthropologique qui désigne une période historique pendant laquelle une communauté, un peuple se reconnaît par des valeurs précises dans ses pratiques, ses concepts, ses pensées, ses croyances, son art etc. Ainsi l’identité culturelle se définie dans le temps et dans l’espace car les valeurs qui la déterminent ont un caractère dynamique, évolutif dans le temps. On ne saurait citer avec précision et de façon exhaustive les valeurs qui permettent d’identifier un peuple en un moment de son histoire. Pour l’Afrique, une mosaïque de peuples et de communautés qui se partagent un passé récent marqué par l’esclavage et la colonisation ne saurait se vanter aujourd’hui d’une culture authentiquement africaine exprimant encore son identité.

Cependant, l’espoir est permis. Les possibilités d’une reconquête de notre identité existent à partir des langues africaines. La langue est l’ensemble des unités du langage parlé ou écrit propre à une communauté ; le langage étant cette faculté que nous avons de communiquer entre nous et d’exprimer nos pensées.
Définie de cette façon l’Afrique compte plus de 1000 langues. Ainsi l’Afrique serait le continent qui compte plus de langues avec une forte densité en Afrique Subsaharienne. Dans la plupart des cas elles sont pratiquées par quelques villages seulement et même souvent par un seul.

Malgré cette diversité apparente, il existe des affinités réelles entre la plupart de ces langues. Toutes ces langues dériveraient d’un petit nombre d’entre elles. Il est du domaine des Sciences Humaines de consolider les ressemblances linguistiques pour couper cours à une exploitation des différences observées.
La reconquête de notre identité culturelle passe donc par une étude épistémologique et historique de nos langues. Toutes nos langues font référence à des formes littéraires, des symbolismes et des techniques de production de biens et services. La langue fonde l’identité culturelle. Ainsi, la langue est le pilier de la culture. Il serait donc important de veiller à la survie de nos langues en tant qu’élément culturel même si leur survie dépend de l’intérêt que les peuples qui les pratiquent ont pour elles. Il est donc important de signaler la mobilité et la flexibilité constantes d’une langue. C’est la raison pour laquelle nous opposons une étude historique de nos langues pour en extraire la substance utile à un appel pur et simple à elles pour exprimer notre identité.

Mots-clés :

Communauté, langue, identité, pratiques, ses concepts, ses pensées, ses croyances

Abstract

Cultural identity is an anthropological concept which refers to a historical period in which a community, a people can be recognized by specific values in its practices, concepts, thoughts, beliefs, art, etc.. And cultural identity is defined in time and space because the values that determine have a dynamic, evolving over time. We can not quote accurately and comprehensively values that identify a people at a time in its history. For Africa, a mosaic of peoples and communities who share the recent past marked by slavery and colonization can not now boast of a culture still expressing authentic African identity.

However, there is hope. Possibilities for reclaiming our identity are from African languages. Language is the set of units of spoken or written language specific to a community, the language faculty is that we communicate with ourselves and express our thoughts.

Defined in this way Africa has more than 1000 languages. And Africa is the continent with more languages with a high density sub-Saharan Africa. In most cases they are practiced by a few villages and often by one.

Despite this apparent diversity, there are real similarities between most of these languages. All these languages deriving a small number of them. It is the field of Humanities consolidate linguistic similarities to cut ongoing exploitation of the differences observed.

Reclaiming our cultural identity therefore involves epistemological and historical study of languages. All languages refer to literary forms of symbolism and techniques of production of goods and services. Language based cultural identity. Thus, language is the foundation of culture. It is therefore important to ensure the survival of our language as a cultural element even if their survival depends on the interest of the people who practice it have for them. It is therefore important to note the constant mobility and flexibility of a language. That is why we oppose a historical study of languages to extract the useful substance to a straight appeal to them to express our identity.

Keywords : Community, language, identity, practices, concepts, thoughts, beliefs

Introduction

L’article que nous présentons porte sur langue et identité culturelle ; Ce thème permet de poser et d’expliciter la réflexion des hommes sur les questions relatives à la langue à travers « sa définition, sa structure, son évolution, ses manifestations et ses fonctions en tant qu’instrument de connaissance de l’homme, de sa nature, de son milieu, de ses valeurs artistiques, culturelles et ses valeurs de civilisation ». Vion, R., (1992 : 125).

L’exposé pose le rapport entre langue et identité culturelle. Cela nous permet d’appréhender les lois du fonctionnement propre au langage et tout ce qui relève de sa conception comme clé de sa pratique sociale.
Pour établir le rapport entre la linguistique et la société, l’homme a d’abord montré qu’il sait pratiquer le langage dans lequel il projette sa vision du monde d’une société à l’autre.

« En tant que système et faculté humaine, la langue est un puissant vecteur de communication du savoir, de l’expérience humaine, du passé et du vécu quotidien ». Serge Moscovici (1972 :150).
L’un des meilleurs moyens de définitions de l’identité culturelle des hommes demeure la
Littérature orale. Il s’agit « d’un ensemble de connaissances et d’expériences léguées par les ancêtres que les hommes se chargent de transmettre aux générations futures par l’intermédiaire de la parole ». K. Lorenz (1970 : 57).
Mais nous devons chercher à approfondir cette notion pour comprendre l’incidence du langage sur l’identité culturelle.

On peut définir la littérature orale comme d’une part « l’usage esthétique du langage non écrit et, d’autre part, l’ensemble des activités et des connaissances qui s’y rapportent ». Eno Belinga (1978 :7).

En Afrique Noire, l’antériorité et la primauté de la littérature orale comme facteur d’épanouissement de l’identité culturelle est reconnu dans l’univers culturel négro africain. La diffusion de la littérature orale permet aux peuples africains de renouer avec le passé culturel de l’Afrique traditionnelle et de pratiquer sans cesse une nécessaire ouverture à la culture des autres peuples.
Noua allons dans une première partie, poser le problème de la langue comme objet de connaissance de l’homme. Il s’agit de sa définition par rapport au langage et à la parole.

Nous verrons ensuite dans une deuxième partie la définition de l’identité culturelle, celle de la culture et celle de la civilisation. Nous verrons enfin dans la troisième partie, l’incidence du langage sur les valeurs de l’identité culturelle, comme étant l’ensemble des phénomènes sociaux à caractère de civilisation et de culture. Tout ceci se verra à travers la qualité de l’identité culturelle de la langue, de son instrument de connaissance, de communication, et sa pratique sociale.

Définition : Langue ; langage et parole

La langue est un moyen de communication dont se servent les hommes pour se communiquer et se transmettre leur message. « Elle est structurelle et sociale. Elle est le code dont on se sert pour transmettre tel ou tel message verbal ou personnel ». Rastier ( 2007). C’est ainsi que la linguistique structurale définit la langue comme le produit social de la faculté du langage et l’ensemble des conditions nécessaires à l’exercice de cette faculté chez les locuteurs. La langue est donc une structure que la parole asservit à des fins individuelles et intersubjectives lui ajoutant ainsi un dessein nouveau et strictement personnel.

Cette distinction fort utile entre langue et parole peut entrainer à croire que la parole possède une organisation indépendante de celle de la langue, de telle sorte qu’on pourrait par exemple envisager l’existence d’une linguistique de la parole en face de la linguistique de la langue.
« La langue est-on tenté de le dire est le langage moins la parole. Tandis que la parole est variable et individuelle. La parole est une actualisation personnelle de ma langue ». Ferdinand de Saussure, (1978 : 53).

Selon Chomsky, Noam. (1977), pour définir l’homme par le langage, il ne suffit pas de prouver que toute pensée s’achève en parole et que toute parole est pensée. Il faut établir que tout est pensée c’est-à-dire que le silence lui-même est pensée, donc parole. Ce qui se retourne contre la proposition à démontrer, car si le silence est parole, ce mot signifie le contraire de ce qu’il indique.

Selon Benveniste Emile (1974), dans la mesure où tout acte social suppose un échange de parole où acte individuel est lui-même une manière de s’exprimer ; la parole est souvent synonyme d’actions entreprise. Considéré sous l’angle social, la parole est aussi l’expression des règles qui rendent possible la vie en communauté et dont la connaissance est transmise par l’enseignement oral.
Selon Durckheim. (E.) ( 1983), la langue manifeste clairement et pleinement le caractère essentiel du langage qui est d’être un fait social. Elle est également coercitive car elle s’impose à chacun de nous. Tandis que le langage est un système de communication commun à tous ; Le discours est à la fois porteur d’un message et instrument d’action.

Le langage, écrit Durckheim. (E.) ( 1983 : 75) « c’est une langue qui existe indépendamment des individus qui la parlent et bien qu’elle n’ait aucune réalité en dehors de la somme des individus. Elle est cependant de par sa généralité, extérieure à chacun d’eux.

II Identité culturelle

Définition

L’identité culturelle d’un peuple repose sur son patrimoine national dans ce qu’il a d’original : la langue, les arts (culinaire, vestimentaire, littéraire, danse, théâtre, peinture, sculpture) les sciences et les techniques (pharmacopée, connaissances médicales, sciences occultes, techniques culturales…), l’histoire et la géographie

  • Les structures familiales et sociales
  • L’anthroponymie, l’onomastique
  • La pensée morale, les us et coutumes

L’identité culturelle d’un peuple « c’est ce qui le distingue des autres peuples. C’est ce par quoi les membres d’une communauté se reconnaissent les uns des autres. Comme la tradition, l’identité culturelle intègre les réalités matérielles et immatérielles du passé et du présent et des signes d’avenir. C’est un ensemble complexe dynamique en perpétuel développement ».

Ainsi à travers l’identité culturelle, il ya la question de la culture. L’ACCT nous en donne une définition globale et intéressante :
« La culture est la somme de ce que l’homme confronté à la vie tout ce qui constitue sa conscience de lui-même et qui l’identifie aux autres dans son œuvre propre et dans son espace universel, dans sa durée proche et dans le temps historique.

DICO LE PETIT ROBERT LAROUSSE (1983 ;46)
C’est tout ce que l’homme individuellement et collectivement a ainsi interprété et traduit matériellement et intellectuellement pour créer, soutenir, enrichir et communiquer aux autres peuples sa propre histoire, c’est-à-dire sa relation au monde physique et métaphysique ; La culture en somme est tout ce par quoi une communauté humaine se reconnaît elle-même et peut être reconnue par les autres. »
L’identité culturelle regroupe tous les aspects liés à la notion de civilisation. L’ACCT nous en donne une définition. Selon l’ACCT, la civilisation est « l’ensemble des phénomènes sociaux à caractère religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques…, communs à une grande société ou à un groupe de société. » DICO LE

PETIT ROBERT LAROUSSE (1983 ;46)
La compréhension du terme de civilisation peut déborder géographiquement et sociologiquement celle de la culture. Elle une société humaine plus large et plus variée que « culture ».
L’identité culturelle pose la question de la civilisation de l’universel comme une civilisation à laquelle toutes les cultures et civilisations du monde se retrouvent et se reconnaissent.

La civilisation de l’universel, idéal d’égalité et de fraternité est pour Senghor un « rendez-vous du donner et du recevoir ». « Elle sera l’œuvre commune de toutes les races, de toutes les civilisations différentes ou ne sera pas ». Elle sera une civilisation à l’échelle de l’homme, une civilisation intégrale. Elle sera la synthèse de toutes les expressions culturelles. C’est une civilisation qui appartiendra à toutes les nations et dans laquelle toutes les cultures du monde se reconnaîtront. Certains ethnologues comme Léo Frobénius, Maurice Delafosse, Georges Hardy se sont illustrés dans cette tâche de réhabilitation du patrimoine culturel africain. Ils mettront l’accent sur la rigueur et la perfection de l’organisation sociale dans certains états africains, sur la splendeur des créations artistiques, sur les moeurs et les pratiques initiatiques africaines.

III AFFIRMATION DE L’IDENTITE CULTURELLE A TRAVERS LA LANGUE

III.1 La langue est une valeur socio-culturelle

C’est à Emile Durkeim (1983 :78) que l’on peut faire remonter l’usage du mot et du concept de socialisation. « socialiser, c’est convertir. Idéalement, c’est transformer un individu d’un être asocial en lui inculquant des catégories de pensées et un système d’idées, de croyance, de tradition, de valeurs morales et professionnelles de classe. »

Dans chaque langue se réflètent des idées, la mentalité, la vision du monde à la communauté qui l’emploie. Chaque peuple se façonne un monde original par sa langue. Selon Benveniste Emile (1966 : 66) « le langage reproduit le monde mais en le soumettant à son organisation propre. C’est la pratique sociale de chaque peuple qui découpe le domaine recouvert par chaque mot ».

Tout système linguistique renferme une analyse du monde extérieur qui lui est propre et qui diffère de celle des autres des autres langues. C’est la vision du monde de chaque peuple.

Instrument privilégié de la communauté, véhicule privilégié de la personnalité propre d’une communauté humaine, la langue constitue le moyen d’identification le plus sûr des peuples et des cultures. La langue joue donc un rôle très important dans la reconnaissance et l’épanouissement de l’identité culturelle ; C’est dans sa langue propre qu’un peuple exprime le mieux sa culture. Auchlin,A.,(1995).

Ainsi il a été reconnu qu’en garantissant, l’usage d’une langue, on assure en même temps la survie de la culture qu’elle véhicule ; et empêcher un peuple de parler sa langue, c’est diminuer la vitalité de la langue.
C’est ainsi qu’on assigne à la langue une double exigence : être fidèle aux critères esthétiques ; au respect des codes essentiels des valeurs éthiques qui régissent qui régissent les membres les membres de la société.

La langue est donc une parole pensée qui assume des fonctions et revêt des caractéristiques précises. Il ya de ce fait la parole profonde, vraie belle, agréable, en rapport avec l’esthétique du regard, de l’oreille, de l’odorat ou même du sens tactile.

Le fait littéraire oral, est lié essentiellement à son contexte social de diffusion et de production qui apparaissent comme une manière de faire.
Il existe des textes oraux acceptés et reconnu par le corps social parce qu’obéissant à des critères éthico-esthétiques identifiables. Le premier critère est la pertinence. La parole profonde est un discours signifiant par excellence relatif à un aspect essentiel par la société ;Il s’agit de la parole socialement et sémantiquement pleine. La parole doit être riche de sens et agréable de son.

Ainsi nous définissons le langage esthétique comme la parole agréable à entendre ou à écouter. Par contre le langage éthique se définit comme une parole de haute portée morale et civique. Le contexte de production de la parole pensée se fixe par la société et non par le producteur (lieu, temps, période d’emploi).
En Afrique par exemple lorsqu’il ya des litiges de tous ordre, on fait appel aux personnes âgées et expérimentées qui interviennent pour trancher en faveur de l’une ou l’autre partie.

La solution réside dans une parole pensée, pleine de sens ayant des valeurs éthiques et qui va dans le sens de l’éducation, du civisme et de la moralisation de la vie sociale.

En Afrique par exemple, le langage spécifique des personnes âgées se caractérise par l’abondance de proverbes, de leçons de morales de devinettes, de légendes, de chroniques, d’épopées et de généalogie. Ce sont de véritables « archives de paroles » dont le symbolisme a souvent pour support principal, une expression imagée, des images spécifiques des réseaux lexicaux à travers des métaphores, des proverbes, et des valeurs morales.

Les images contenues dans ces expressions sont un trait essentiel ayant pour origine l’expression du concrêt des langues africaines. Les langues africaines ont une fonction, celle d’exprimer des sentiments, des idées, des impressions en maintenant l’équilibre, l’harmonie, du village par le respect des valeurs sacrées. Ce sont des faits que toute langue européenne ne saurait traduire et interpréter de manière conforme.

Exemples de proverbes d’origine mossi
Naab sєn kõ fo buum bi loogє ta twєn teema a goma Cela veut dire que :
« au cours d’un jugement, si le chef te donne raison, il faut partir sinon il peut changer d’avis. Cela veut dire qu’il ne faut pas être plus royaliste que le roi ; en d’autres termes, les décisions du roi sont irrévocables.
Fo sєn zind koom pogєn kause, f opa lebgde gnєbga ye
« Le morceau de bois à beau séjourné dans l’eau, il ne se transformera point en caïman ».
Cela veut dire qu’il est difficile de se reconvertir du jour au lendemain.
Fo sєn zind koom pogєn kause, fo lebgda pondєrє yaganga
« Lorsque l’on séjourne pendant longtemps dans l’eau, on devient le cousin des crapauds ». Cela veut dire qu’il est difficile de vouloir mener une vie correcte dans une société qui ne l’est pas.
On san songf tof péké fo pooré bi f bang nєng widgri ».
“Si l’on t’aide à laver le dos, il faut savoir laver le visage” ; Cela veut dire qu’il faut apprendre à travailler soi-même en attendant l’aide des autres.
Boen ku boanga tif baood-a sayig m’ na maan sabaga tiim”
“Qui a tué l’âne l’âne et toi tu recherches son anus pour soigner son paludisme”. Cela veut dire qu’il faut rechercher les raisons d’une chose avant de s’en servir

III-3 La langue reflet de la pratique sociale

Le rôle d’outil que joue la langue comme instrument de communication entre les hommes ne consiste pas servir une classe au détriment des autres. Son rôle consiste à servir indiffé-remment toute la société et toute les classes. (Le marxisme et les problèmes de linguistique)
A travers la société, la langue permet la manifestation de l’être sociétal dans la conscience. Chaque individu social pratiquerait l’art sociologique dans la représentation de sa vie quotidienne.

Le système linguistique imprime ses marques au système culturel qui détermine les modèles normatifs qui orientent les comportements des acteurs. Ainsi, J. Dubois (1973 : 523) dans le DICO de Linguistique Générale définit la communauté linguistique « comme un groupe d’êtres humains utilisant la même langue ou le même dialecte à un moment donné et pouvant communiquer avec eux ».
Ainsi nous constatons que la langue est un moyen de communication entre les hommes, mais il est aussi un indicateur de la position sociale et des relations de personne à personne.

« Chaque communauté linguistique même la moins complexe, contient un certain nombre de variétés linguistiques toutes différentes les unes des autres selon la profession ou l’intérêt. A cause de la structure de ces variétés spécialisées, les individus doivent passer à d’autres quand ils entrent en relation avec un groupe moins spécialisé ». Fishman (1981)
Ainsi la sociolinguistique est une science qui a pour objet, le passage d’une variété linguistique à une autre. Elle essaie également de décrire les caractéristiques linguistiques et formelles des variété du répertoire verbal.
Selon Marcellesis (J.B), (1974 :37) « une langue spéciale se définit comme étant une variété qui n’est employée que par des individus ou des sous-groupes placées dans des conditions spéciales. »

Selon Fishmann, (1971 :18), « la sociologie du langage ou encore sociolinguistique (…) s’efforce de déterminer qui parle quelle variété de langue ? quand, à propos de quoi avec quel interlocuteur ? ».Puis il les différencie en assignant à la sociolinguistique de « découvrir » quelles lois ou normes sociales déterminent le comportement linguistique dans les communautés linguistiques définies par rapport à elle-même ».

En Afrique, nous avons l’expression des salutations qui sont très symboliques, authentiques, culturelles et significatifs. Les moments de salutation représentent des moments intenses, car à travers les salutations, il ya le respect, l’honneur, la dignité et l’autorité qui s’y dégagent. Les salutations sont des prétextes à un ensemble de rites et rituels ou à partir des gestes (les mossis s saluent trois fois) et du langage, (on se salut les une et les autres individuellement et on demande les nouvelles des une et des autres). Il s’établit une fonction de contact entre les membres d’une même communauté linguistique à travers l’échange langagier.
Lorsque nous prenons l’exemple du bonjour matinal, il ya plusieurs types de représentation au Burkina-Faso.

Chez les mossis par exemple, le bonjour se répartit en deux catégories :

  1. -Le matin nous avons « ni yibeoogo » (bonne matinée)
  2. -La journée nous avons « ni winniga » (bonne journéeà
  3. -Le bonsoir se répartit également en deux catégories :
  4. Le soir nous avons « ni zaabre » (bonne fin de soirée)
  5. La nuit nous avons « ni youngo » (bonne nuit)

Tandis que pour se souhaiter la bonne arrivée on dira « kend kende »
Pour dire au revoir, on dira « wenda taase »
Pour dire merci on dira « barka » ou « ned zaame puusgo ».
Lorsque nous prenons la langue moore, nous constatons qu’il ya plusieurs dialectes ou variantes : Il ya les mossis de Ouagadougou, ceux de Ouahigouya et ceux de Tenkodogo. La différence formelles qui réside entre ces différentes variétés linguistiques est la prononciation dialectale ou régionale.

Lorsqu’un mossi de Ouaga dit
« ya wanna » « ya piiga » ; « ya anna »
C’est combien , c’est 50Fr ; c’est qui ?

Le mossi de Ouahigouya dit dira
« ya walla » ; « ya piwo » ; « ya alla »
C’est combien , c’est 50Fr ; c’est qui ?
Lorsque le mossi de Ouagadougou veut dire « bonne arrivée » il dira « i yeela »
Le mossi de Tenkododogo dira bonne arrivée « i yeelbsa »

III-4. La langue instrument de communication culturelle et sociale :

La langue constitue le moyen d’identification le plus sûr des peuples et de leurs cultures ; C’est dans sa langue propre qu’un peuple exprime le mieux sa culture Dans la mesure où tout acte social suppose un échange de parole, la parole est synonyme de d’actions entreprises. Par conséquent tout acte individuel est lui-même une manière de s’exprimer.

Considéré sous l »angle social, la est aussi l’expression des règles qui rendent possibles la vie la vie en société et dont la connaissance est transmise par l’enseignement oral.

III-4.1 La langue, Instrument de communication au service de l’initiation

La langue permet l’évocation de symbolismes . La pensée symbolise non seulement la sphère spirituelle africaine, mais également toutes les sphères culturelles initiatiques des hommes à travers le temps et l’espace. Le langage des africains exprime par nature une idée ou un sentiment imagé. L’image nait de la force de suggestion du signe employé dans le langage ; Il s’agit du signifiant. Dans le langage parlé africain, l’image qui découle n’est pas une image-équation, ,mais une image analogie où le mot suggère beaucoup plus qu’il ne le dit. Le tour de force est d’autant plus aisé que les langues négro-africaines sont des langues concrètes dont tous les mots, par leurs racines, sont chargés d’un sens concret émotif.

Le champ symbolique commun à l’initiation aux mythes, aux épopées, à la littérature à la musique et à l’architecture comporte quatre fonctions.

III4.1.1 La langue assure une fonction symbolique

La diversité des interprétations linguistiques des symboles possibles concrétise de façon matérielle évidente, le caractère adogmatique de la connaissance et de la méthode initiatique. Cela se voit à traves la société bambara où le « dyow », l’homme intégral, dans la perspective de sa vie terrestre reçoit un enseignement oral de l’initiation. Ce qui rapproche sa volonté de prolongement dans l’au-delà. Il doit par conséquent appartenir aux six sociétés secrètes qui sont : Le Ndomo, le Komo, le Nama, le Kono, le Tywara et le Koré. Dans les sociétés initiatiques, il ya un langage opaque et ésotérique qui est utilisé. La connaissance s’acquiert toujours étape par étape, seul ou en groupe. Jacques Kerchache et alii (1988).
Le premier stade de connaissance est dispensé aux jeunes dont l’âge varie en fonction des échelles du savoir. Le premier niveau de connaissance chez les bamanas est appelé « dooni fyema » c’est-à-dire les connaissances légères et superficielles comme le vent. C’est l’entrée en matière de croyances et de coutumes. Ce sont des connaissances ésotériques.
Germaine Dieterlen (1965).

En revanche, le second niveau est celui est celui qu’ils appellent « doni duma », les connaissances profondes. Ce sont des connaissances exotériques. Elles s’acquiert lentement au cours d’initiations successives par un enseignement linguistique souvent donné au cours des rites spéciaux. Marcel Griaule et Germaine Dieterlen. (1965).

.L’approfondissement des connaissances est une démarche personnelle. L’apprenant fréquente les dépositaires du savoir et exprime son désir d’apprendre. Dans certains cas spécifiques, l’apprentissage se fait à l’intérieur des sociétés de masques. L’enseignement initiatique oral chez les bamanas nous donne plusieurs niveaux d’apprentissage en groupe. Le dernier niveau le « Koré » correspond à une étape où l’initié est sensé atteindre le degré suprême de la connaissance à travers un enseignement oral. Le « Koré » constitue l’épanouissement total de la personne à partir de son éducation, par son irradiation dans l’être divin à partir d’un sâcrement Germaine Dieterlen (1996 ).

III-4.1.2 La langue assure une fonction représentative

« Les symboles sont une représentation en permanence susceptible d’être traduit par le canal du langage ou de l’enseignement oral. Ils expriment l’idéal moral proposé par l’initiation dont ils constituent une image poétique.. Par là ils unissent le beau et le bien ». Claude LEVI-STRAUSS ( ).
Par exemple la plupart des langues africaines possèdent des langues initiatiques truffées de symboles divers et constituant une opacité. Ce type de langue est une langue que seuls les initiés sont censés comprendre. Ainsi pour traduire un tel langage aux initiés, il suffit de décoder les images et les symboles qui sont comme des écrans opaques et interpréter le message.
Par exemple chez les mossi, lorsqu’on veut célébrer un mariage, il ya plusieurs étapes. Il ya d’abord le « pug-pusum » qui correspond au rite lié à la demande de la main de la jeune fille. Là, il ya un échange linguistique entre les deux familles. Cela se fait à travers des proverbes et maximes très précises par les personnes âgées. Il ya ensuite le « furi » qui correspond au mariage lui-même.

la mosquée, il ya un échange linguistique où on scelle le mariage à partir des lois sacrées du mariage et des bénédictions. Il ya ensuite le « zug-pekre » qui consiste à laver la mariée afin de la débarasser de ses impuretés de jeune fille. Nous avons ensuite une autre étape appelée « peeg pug paala a sid yiri ». Cela signifie ramener la mariée chez son mari avec des bénédictions comme « wend na kit tii be ni taaba ». il ya certaine non moins importantes intitulées « pugduba fugu » qui correspondent aux cadeaux que la belle famille doit donner à la tante de la nouvelle mariée et à la jeune fille qui l’a accompagné dans sa retraite nuptiale.

Lorsqu’on veut célébrer un baptême ou « zulukri », il ya une première phase qui s’appelle « zugpongré » qui signifie raser la tête de l’enfant. Il ya ensuite le « pud yuure » qui signifie donner un nom à l’enfant avec des bénédictions comme « wend na maan zu noongo. Cette phase a lieu à la mosquée.
Lorsqu’il s’agit d’un cas de décès, il ya des funérailles ou « kuuré » à faire. Il ya d’abord, le « zug-pondo » qui signifie que tous les membres de la famille doivent se faire raser la tête. Il ya ensuite le « ku soasga » qui est une cérémonie préliminaire au « douwa » ; Il ya ensuite le « douwa » qui est une cérémonie célébrée le septième, le quarantième et le centième jour à la mémoire du défunt.

III-4.1.3 La langue assure une fonction projective

Dominique Aubier, dans une excellente étude sur Psychiatrie et société (1974) a écrit, à juste tire :
" D’après plusieurs ethnologues, les sociétés africaines traditionnelles ont spontanément multiplié les moyens pour assurer la santé mentale des individus et l’équilibre psychique de la collectivité. L’utilisation de la fête, l’exutoire verbal, coutume qui permet de libérer d’une manière rituelle l’agressivité des individus, jouent le rôle de conduites sociales d’apaisement".
La relative indétermination des significations secondes de chaque symbole permet à la reflexion individuelle qui les prend pour thème d’objectiver les tendances inconscientes de l’homme. Cela constitue un moyen de connaissance de soi bien supérieure à l’introspection.
Par exemple, en Afrique, les rêves ont une ou plusieurs significations. Il faut prendre le rêve, l’opposer au symbole, le décoder et trouver l’objet de sa connaissance.

En Afrique lorsque vous rêvez avoir vu une silhouette de quelqu’un, cela veut dire que la personne est sur le point de mourir.
Ensuite lorsqu’une femme rêve d’avoir une chose qui a une forme circulaire ou rectangulaire, elle attend ou désire avoir un enfant.
Lorsqu’une rêve à quelque chose qui s’étire comme un serpent ou une baguette, elle désire un rapport sexuel.

Lorsqu’un rêve de d’une chose qui coule comme un robinet, il a envie de faire un rapport sexuel.

III4.1.4 La langue assure une fonction éducative

Organisés en rituel, les éléments symboliques constituent à la fois une action qui, agissant sur la partie inconsciente et donc déterminante de la personnalité, crée en chaque initié dans l’enceinte initiatique, une disposition affective propre à un échange serein des idées et au développement d’habitudes et de comportements bénéfiques. Sissao Alain (2004).

Des réflexions sur le problème de la culture, amènent L. S. Senghor à faire appel aux notions de symbole et symbolisme, pour définir l’art négro-africain par opposition à l’art occidental et, plus précisément, à l’art gréco-latin :” L’œuvre d’art nègre exprime, par nature, une idée ou sentiment image : un symbole
En Afrique par exemple, lorsque les hommes se réunissent pour mener des actions communes, il ya nécessairement des rituels à faire. Chaque cérémonie (sacrifices faits au nom des ancêtres) est une occasion pour proférer des incantations magiques en jula du genre « sigisio, sigisio, kєlє, fila, fila, saba, saba, wara, warani, taa ka bon koro, buru fiє. »

Chez les mossis par exemple au début et à la fin de chaque saison hivernale, il ya des rites et des sacrifices à faire en l’honneur des mânes des ancêtres. Il ya une cérémonie appelée le « Zambende » qui marque le retour de tous les rites et coutumes liés à la préservation des prochaines cultures vis-à-vis des de la colère des ancêtres.

Chez les Bwa, il ya des cérémonies qui sont initiés à l’hommage de l’ancêtre Pazo dans le Bwamu et qui ont trait aux rites et cérémonies afin qu’il préserve les prochaines cultures

Chez les Bobo, il ya plusieurs types de cérémonies qui sont initiés à l’hommage de l’ancêtre Sanon Noumoutié qui ont trait aux rites religieux et initiatiques marqués par la sortie des masques afin de perpétuer les valeurs de culture, les modes de vie et l’identité culturelle des bobo.

En effet il ya plusieurs types de masques qui apparaissent en fonction des contextes sociaux variés. Il ya d’abord l’apparition des masques blancs appelés « longwє » lors des moments difficiles (décès d’une personne âgée, bafouement de l’intégrité territoriale). Il ya également les masques rouges appelés « lonwulé ». Il s’agit de masques ordinaires qui sortent lors des cérémonies rituelles. Ils sont en très méchants. Sanou Salaka (2007)

En synthèse, nous dirons que l’initiation est un instrument est de culture de soi sur les plans moral, esthétique et intellectuel. « Culture fondée sur l’initiation et prenant appui sur le concret, la linguistique initiatique permet aux hommes de niveau intellectuel différent d’accéder également sinon avec la même rapidité, aux différents domaines de la connaissance ».

CONCLUSION

En conclusion sur l’étude de la langue, nous dirons que la sociologie du langage a pour objet essentiel, la définition du langage tant du point de vue du patrimoine linguistique que culturel relevant de la somme d’expérience des individus dans un environnement linguistique donné.

La langue est également un instrument de communication et de socialisation qui s’appuie sur la parole pour imprimer une idéologie dont les valeurs reposent sur la pratique individuelle et sociale et la vision du monde de chaque peuple.
C’est ainsi que chaque peuple possède son système linguistique propre à servir sa cause. Mais la langue n’est pas seulement un véhicule de communication. Elle manifeste les représentations et les valeurs qui fondent l’identité culturelle de la population qui l’emploie. La langue étant le miroir de la société ; elle reflète sa structure sociale dans ses particularités et ses variations.
La langue a donc une histoire qui se déroule de façon chronologique. Elle se transforme durant les époques et prend et prend diverses formes chez les différents peuples.

Ainsi nous savons que la langue est un puissant moyen de communication sociale. Elle a permis la révélation de la parole dans la langue dite sécrète, dans les sociétés initiatiques ou les sociétés de masques. Elle a aussi été un moyen de révéler la création du monde (naissance, mariage, funérailles sacrifices, sortie de masques, chants, danses), la connaissance de Dieu.

Ainsi nous terminons en disant que le langage fonde la culture négro-africaine sur une authenticité objective, issue et développée au cours d’une longue et complexe pratique historico sociale à travers les canons classiques africains tant sur le plan de l’esthétique que sur celui de l’éthique. La littérature orale, révélatrice de toutes les valeurs linguistiques humaines, est de ce fait hautement éducative, pédagogique et scientifique.

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